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Ouverture d’une gousse de Baobab

Voilà trois fruits qui semblaient bien étranges, gros comme des œufs d’autruches et des couleurs un peu artificielles.

Les stries gravées dans la longueur semblaient être des décorations faisant penser à de l’artisanat africain.

En me documentant, j’ai appris que j’étais en présence de trois gousses de Baobab décorés !

Je n’ai pas pu résister d’en ouvrir une, afin de vous faire partager cette vue de coupe (coriace la coupe).

La gousse révèle de nombreuses graines qui sont ici un peu déshydratées, mais on peut voir néanmoins la structure interne de ce fruit étrange.

Graines de baobab
Graines de baobab

Bien entendu je ne sais pas à quelle variété j’ai affaire, il faudrait pour cela planter une graine.

Ces graines germent après un rude traitement, comme le passage dans l’estomac d’un éléphant ou éventuellement de l’eau bouillie, j’ai essayé, on verra bien…

Le Baobab est de la famille des malvacées, comme le coton ou la lavatère, son adaptation au climat et sa taille en fait une figure reconnue de tous, mais finalement si peu connue en dehors des contes pour enfants.

La prochaine fois on verra comment dessiner un mouton 🙂

Le cotinus coggygria un arbuste tout en contrastes

Il y a des saisons ou le jardin est un vaste chantier et ou les fleurs ne sont plus à la fête.

Néanmoins certains arbustes comme le Cotinus coggygria en profitent pour sortir le grand jeu, du rouge pourpre, les feuilles passent au rouge orange saturé.

L’arbre à perruques est de la famille des anacardiacées, au printemps il joue aux pom pom girl en agitant ses perruques dans le vent, ce qui est un effet visuel également très intéressant.

Contrairement à l’érable du Japon qui prend également de belles couleurs en automne, le Cotinus coggygria Royal purple reste arbustif ce qui lui permet de s’adapter à de petits jardins.

Pour les peintres, ce rouge rentre parfaitement en complémentaire avec le vert de la végétation aux alentours.

Dans notre œil les capteurs de rouge (cônes) vont être fortement sollicités quand on va regarder une feuille rouge. Quand on va déplacer le regard vers les d’autres feuilles vertes, ce sont d’autres cônes (verts et bleus) qui vont prendre le relais et dans ce cas le rouge sera cette fois sous représenté.

Avec ce contraste deux couleurs complémentaires mises côte à côte vont paraître plus saturées qu’elles ne le sont réellement.

A l’époque ou on oriente des spots sur des tableaux pour faire ressortir toute la saturation de la peinture, on reste encore « scotché » devant des fresques murales réalisées dans des endroits sombres par les maîtres de la renaissance.

Pour que ces fresques resplendissent à la lumière d’une bougie, il était obligatoire d’utiliser toutes les astuces pour que les scènes restent lisibles.

  • Une vierge à la peau orange avec un drapé bleu (complémentaire)
  • Un bras lumineux devant un fond sombre (luminosité)
  • Un personnage dans des couleurs chaudes devant un paysage froid (température)
  • Un trait d’une couleur pure au dessus d’un mélange éteint (saturation)

Le long de la silhouette d’un personnage, la ligne de séparation ne sera pas marquée par un trait noir, mais une succession de contrastes divers. Un procédé complétement artificiel mais qui doit passer comme naturel.

Devant les feuilles si bariolées de ce Cotinus, je ne peux que apprécier ce passage variable dans différents modes de contrastes.

La fleur de grenade de Persépolis

Voici quelques photos datant d’une trentaine d’années que je viens de numériser.

Ce sont des clichés de Persépolis, un palais dont les fondations sont datées à partir de 521 avant JC. Initié par Darius 1er, le site de Pasargades est pillé en 331 avant JC par les troupes d’Alexandre le Grand. Un acte qu’il semble avoir regretté en organisant plus tard les « Noces de Suse ». Voilà pour le cadre historique.

Un palais constitué de nombreuses colonnes et bas reliefs sur lesquels on retrouve partout une fleur à 12 pétales identifiée généralement comme une fleur de grenade.

Bien que je n’ai pas encore réussi à prendre en photo une fleur de grenade, il me semble que le nombre de pétales est assez variable ce qui peut expliquer ce record de pétales sur les bas reliefs.

Placée dans une volute, ce motif floral devient le centre d’une spirale qui atteste des connaissances mathématiques de l’époque.

Certains bas reliefs sont de belles planches botaniques.

Bas relief végétal de Persepolis
Bas relief aux motifs végétaux

Dans ce palais les sculptures ne sont pas réservées uniquement à l’ordre végétal. Des animaux légendaires comme des Lamassus gardiens des portes ou des Griffons (au sommet des colonnes) nous indiquent que les végétaux peuvent être plus symboliques que tirés d’une observation botanique stricte.

Lamassus
Lamassus

On quitte le registre imaginaire pour le figuratif dans les bas reliefs montrant des rois (et leur couronne) apportant leur tribut à Darius 1er.

Selon la bible cet empire pouvait être divisé en 120 gouvernements (Satrapies). Je ne ferais aucune spéculation entre le nombre de satrapies et le nombre de pétales de cette fleur…

Procession tributaire
Procession tributaire